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Des défenseures des droits de l'homme contre une ordonnance d'amnistie de Ouattara

16/11/2018

L’amnistie de Ouattara en faveur des 800 condamnés de la crise postélectorale de 2011 jugée illégale par les défenseurs des droits de l’Homme
L’amnistie du Président Alassane Ouattara en faveur de 800 personnes impliquées dans les crimes commis pendant la crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011 a fait l’objet de critiques farouches de la part des défenseurs des droits de l’Homme en Côte d'Ivoire.

Au rappel, c’était à la veille du 58è anniversaire de l'indépendance de la Côte d’Ivoire que le Président Ouattara avait exprimé sa volonté de donner liberté à 800 condamnés de la crise postélectorale de 2010-2011 par une ordonnance d’amnistie.

Un geste qui fut qualifié d’illégale par des organismes ivoiriens des droits de l’Homme.

En effet, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme ( FIDH), le Mouvement ivoirien des droits humains ( MIDH) et la Ligue ivoirienne des droits de l'homme (LIDHO), ont demandé, mercredi, dans une déclaration, le retrait de l'ordonnance d'amnistie prise le 06 août dernier par le président ivoirien, Alassane Ouattara en faveur de ces 800 personnes impliqués, estimant que de nombreuses victimes « ont été sonnées » par cette décision.

Selon cette déclaration conjointe de ces organisations transmise à APA, jeudi, cette décision d'amnistie est « inacceptable » car elle est « illégale ». « A l'occasion de la Journée nationale de la paix en Côte d'Ivoire (célébrée le jeudi 15 novembre 2018), la FIDH, le MIDH et la LIDHO rendent public le recours introduit auprès du président de la République contre l'ordonnance d'amnistie prise le 06 août 2018 », rapporte le texte soulignant que « nos organisations demandent aux autorités ivoiriennes de revenir sur cette décision afin de garantir le droit à la justice ».

De l'avis de Me Yacouba Doumbia, le président du MIDH dont l'organisation est signataire de la déclaration, « cette amnistie est illégale parce qu'elle vise à anéantir les espoirs de justice des victimes qui ont participé depuis 2011 aux procédures judiciaires engagées ».

Tirer un trait sur les responsabilités, ajoute Me Doumbia, « ce n'est pas consolidé la paix comme cela a été déclaré, mais plutôt préparer les tensions de demain ».

Ces organisations de droits de l'homme qui disent accompagner 250 victimes de la crise postélectorale ivoirienne de 2011, expliquent auparavant, que leur recours demandant le retrait de cette ordonnance d'amnistie a été introduit depuis le 05 octobre dernier auprès du président ivoirien.

« En l'absence de réponse du président de la République dans les délais prévus, cette demande sera portée devant la chambre administrative de la Cour suprême », fait savoir la déclaration.

« Parmi les personnes concernées par l'amnistie, figurent de hauts responsables du dispositif sécuritaire ivoirien et de différents partis politiques inculpés par la justice ivoirienne pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité », font remarquer, par ailleurs, les trois organisations.

Dans son adresse à la Nation, le 06 août dernier, à la veille du 58è anniversaire de l'indépendance de son pays, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé avoir signé une ordonnance portant amnistie générale pour 800 personnes condamnées ou en détention impliquées dans la crise postélectorale ivoirienne dont l'ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo.

En plus de Mme Gbagbo, plusieurs cadres du Front populaire ivoirien ( FPI, parti de Gbagbo) dont les ex-ministres Assoa Adou et Lida Kouassi ainsi que Souleymane Kamaraté Koné dit Soul To Soul (Chef du protocole du président de l'Assemblée nationale), ont recouvré la liberté.

Cette ordonnance d'amnistie de M. Ouattara, avait été unanimement saluée par la classe politique ivoirienne, la jugeant comme un acte fort de décrispation du climat politique et de réconciliation dans le pays.



SOURCE : APA-News







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