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Accident de la route : Les 5 réflexes juridiques à avoir dans les premières minutes

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Accident de la route : Les 5 réflexes juridiques à avoir dans les premières minutes
Accident de la route : Les 5 réflexes juridiques à avoir dans les premières minutes

Une simple erreur sur votre constat amiable peut vous coûter des millions en indemnisation. Découvrez les 5 réflexes pour ne jamais vous faire avoir sur la route.

Indemnisation auto : Pourquoi les 30 premières minutes après le choc sont les plus importantes.

Un accident de la route survient toujours de manière imprévue, et sous le choc de l'adrénaline, il est facile de perdre ses moyens. Pourtant, les décisions prises dans les trente premières minutes sont déterminantes pour la suite de votre dossier. Votre indemnisation future se joue souvent sur le bitume, bien avant d'arriver sur le bureau de l'assureur ou de l'avocat. Pour garantir vos droits et éviter qu’un simple accrochage ne devienne un cauchemar financier, il est crucial d'adopter immédiatement les réflexes suivants.

Réflexe 1 : Sécuriser et Alerter (Une obligation légale)

La sécurité constitue votre mission prioritaire car, juridiquement, le Code de la route ivoirien vous impose d'éviter tout « sur-accident ». Concrètement, cela implique d'allumer vos feux de détresse et d'enfiler votre gilet avant même de sortir du véhicule pour placer le triangle de présignalisation.

Il faut savoir que, selon l'Article 170 du Décret n° 2016-864, tout véhicule immobilisé sur la chaussée doit être pré-signalé, faute de quoi votre responsabilité civile pourrait être engagée en cas de second choc. Par ailleurs, si des blessés sont à déplorer, il devient impératif de ne rien déplacer et de contacter les forces de l'ordre. Leur intervention est requise pour établir un Procès-Verbal officiel, document indispensable selon le Code CIMA pour l'indemnisation des préjudices corporels.

Réflexe 2 : Le Constat Amiable (Votre « Bible » juridique)

Une fois la zone sécurisée, l'attention doit se porter sur le Constat Amiable. Ce document est capital puisqu'il devient irrévocable une fois signé par les deux parties. Lors de sa rédaction, vous devez faire preuve d'une grande vigilance car ce ne sont pas les croquis qui priment, mais bien les croix cochées dans la colonne centrale.

Toutefois, si l'autre conducteur se montre agressif ou de mauvaise foi, il est préférable de ne rien signer. En effet, un constat signé sous la contrainte ou comportant des erreurs vous lie juridiquement vis-à-vis de votre assureur, conformément à l'Article 230 du Code CIMA. Dans ce cas de figure, remplissez votre propre exemplaire unilatéralement en précisant le refus de signer du tiers.

Réflexe 3 : Figer la scène (La preuve par l'image)

En droit ivoirien, le principe est clair : celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver, comme le rappelle l'Article 1315 du Code Civil. Parallèlement à la rédaction du constat, il est donc essentiel de prendre des photos larges de l'environnement, incluant les panneaux et les lignes au sol, ainsi que des clichés précis des points de choc.

Ces images constituent des preuves matérielles redoutables qui peuvent renverser une mauvaise interprétation du croquis. De surcroît, n'oubliez pas de photographier la vignette d'assurance sur le pare-brise adverse afin de prévenir toute communication de fausses informations sur l'identité de l'assureur.

Réflexe 4 : Verrouiller les témoignages neutralisés

Le témoignage humain demeure crucial lorsque les versions s'opposent, mais il convient de rester prudent sur la recevabilité de ces déclarations. En effet, en droit des assurances, les témoignages de vos passagers ou des membres de votre famille sont souvent rejetés pour manque d'impartialité.

C'est pourquoi vous devez prioritairement rechercher des tiers neutres, tels que des piétons ou des commerçants riverains. En notant immédiatement leurs noms et contacts sur le constat, vous vous donnez les moyens de débloquer des situations complexes, comme un passage au feu rouge contesté, où un témoignage indépendant est souvent la seule clé pour obtenir une indemnisation intégrale.

Réflexe 5 : Respecter le délai de 5 jours (La règle d'or du Code CIMA)

Enfin, gardez à l'esprit que le temps juridique est extrêmement court. Selon l'Article 12 du Code CIMA, vous disposez d'un délai de cinq jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assureur. Le non-respect de cette règle peut être lourd de conséquences, car une déclaration tardive autorise parfois l'assureur à invoquer une déchéance de garanties.

Pour éviter tout litige sur ce point, ne vous contentez pas d'un simple appel téléphonique. Il est vivement conseillé d'envoyer le constat par lettre recommandée avec accusé de réception ou de le déposer directement contre décharge au siège de votre compagnie, garantissant ainsi une preuve incontestable de votre diligence.

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