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Communauté ou séparation de biens ? Soyez mieux éclairé pour bien choisir !

25/08/2017

Dans cet article, nous apporterons des réponses à certaines interrogations importante en rapport au régime matrimonial naissant du mariage entre conjoints.

Nous ferons le tour de ces quelques interrogations suivantes :

1- Qu’est-ce que le régime matrimonial ?

2- Combien de régimes matrimoniaux existe-t-il en droit ivoirien ?

3- Quel est le régime matrimonial par défaut ?

4- Quelles sont les conditions à remplir pour changer de régime matrimonial ?

5- Quelle sont les conséquences du changement de régime matrimonial ?

6- Qui des époux à la faculté choisir le domicile familial ?

7- Sur quels biens les créanciers des époux peuvent-ils se faire payer ?


QUESTIONS-RÉPONSES

1- Qu’est-ce que le régime matrimonial ?


Le régime matrimonial peut être défini comme l’ensemble des règles relatives aux rapports pécuniaire (rapports d’argent) des époux entre eux et avec les tiers.

2- Combien de régimes matrimoniaux existe-t-il en droit ivoirien ?


Il existe en droit ivoirien deux types de régimes matrimoniaux : le régime communautaire et le régime séparatiste.

- Le régime communautaire (la communauté réduite aux acquêts)

Cette communauté repose sur une division tripartite des biens. En Côte d'Ivoire, c’est le régime légal de base (pas défaut).

Dans ce régime, on trouve :

- les biens communs (les capitaux et les revenus), 

- les biens propres du mari,

- et les biens propres de la femme. 

La masse est réduite aux acquêts, c’est-à-dire les biens acquis à titre onéreux par les époux pendant le mariage.

- Le régime séparatiste

Ici, il n’y a plus de masse commune. Il y a les biens propres du mari et les biens propres de la femme. 

Le régime de la séparation des biens est le type même des régimes séparatistes. Ici, il n’y a pas de biens communs. C’est le deuxième régime ivoirien depuis 1983.

3- Quel est le régime matrimonial par défaut ?


Le régime matrimonial par défaut en Côte d'Ivoire est celui de la communauté de biens.
En effet, selon l’article 69 de la loi sur le mariage, le mariage a pour effet de créer entre les époux une communauté de bien (régime communautaire), à moins que ceux-ci ne déclarent expressément opter pour le régime de la séparation de biens.

Ainsi, l’innovation de la loi du 02 août 1983 réside dans la possibilité réservée aux époux de choisir des régimes différents.

La loi leur reconnaît la possibilité d’en changer si le choix initialement fait ne les convient plus.

4- Quelles sont les conditions à remplir pour changer de régime matrimonial ?


Selon la loi sur le mariage, le mariage célébré, il ne peut être apporté de changement au régime matrimonial adopté par les époux que dans le seul intérêt de la famille et par jugement rendu à la requête conjointe des époux.

Les époux peuvent donc changer de régime, mais à certaines conditions. Ces conditions sont relatives au moment, à la nature et à la procédure à suivre.

- Le délai pour changer de régime

La demande pour changer de régime ne peut être introduite qu’après deux ans d’application du régime premièrement adopté.

- La nature du changement

Au regard de la loi, seul un changement total de régime est possible. Ce qui signifie que les époux ne peuvent pas mixer les règles du régime de communauté de biens et ceux du régime de séparation des biens.

- La procédure

Les époux désirant changer de régime doivent faire une requête conjointe.

L’option doit résulter de la volonté commune des époux. Car c’est en effet de la volonté commune des époux qu’est issu le régime matrimonial. C’est donc cette même volonté qui doit être à l’origine du changement de régime qui en sera fait.

L’article 74 de la loi sur le mariage subordonne le changement du régime matrimonial à l’intérêt de la famille. Ainsi, l’on considère généralement que lorsque le changement permet d’éviter les méfaits d’un régime, il constitue un intérêt pour la famille. 

5- Quelle sont les conséquences du changement de régime matrimonial ?


Le changement de régime matrimonial produit des effets aussi bien dans les rapports entre les époux que dans les rapports des époux avec les tiers.

- Dans les rapports entre les époux

Le changement de régime prend effet à la date du jugement. Si les époux ont substitué la communauté à la séparation des biens, les biens qu’ils vont acquérir à titre onéreux à partir du changement seront communs. Mais s’ils sont passés de la communauté à la séparation des biens, les époux doivent liquider les biens qu’ils avaient en commun.

- Dans les rapports des époux avec les tiers

Le changement de régime ne sera opposable aux tiers qu’après que mention aura été faite en marge de l’acte de mariage (l’article 113). Dans tous les cas, si les formalités exigées par l’article 113 ne sont pas exécutées, le changement de régime ne peut être opposable aux créanciers des époux (art. 114).

6- Qui des époux à la faculté choisir le domicile familial ?


Depuis la loi du 25 janvier 2013 (art. 60), le domicile de la famille est choisi d’un commun accord par les époux. En cas de désaccord, le domicile de la famille est fixé par le juge en tenant compte de l’intérêt de la famille.

7- Sur quels biens les créanciers des époux peuvent-ils se faire payer ?


Les dettes contractées par chacun des époux peuvent être poursuivies :

- sur les biens communs et sur les biens propres tant de l’un que de l’autre si elles portent sur les charges du ménage ; 

- sur les biens communs et sur les biens propres de l’époux qui les a contractées si elles ne portent pas sur les besoins des charges du ménage. 
Néanmoins, dans ce cas, si elles ont été contractées par la femme, elles ne peuvent être poursuivies que sur ses biens propres ou réservés à défaut d’autorisation expresse ou tacite du mari à l’acte d’engagement. 

Si elles sont contractées par le mari, elles peuvent être poursuivies sur les biens propres ou sur les biens communs à l’exception des biens propres réservés de la femme.

NB : Les biens réservés sont ceux que la femme a acquis à l’aide de ses gains et salaires. Ce sont des bien communs sous le régime de la communauté de biens par opposition aux autres biens ordinaires laissée à l'administration du mari.

C'est ici que prend fin ce court billet sur le choix du régime matrimonial. Vous êtes libre de consulter aussi notre article sur le divorce en droit ivoirien.







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